Elections : après le scrutin, quel espoir ?


Les urnes ont parlé et la France s'est dotée d'un nouveau président de la République. Pour autant, sans même entrer dans la sphère économique et financière, rien n'est réglé des désordres structuraux de la société française.

Le Vivre-Ensemble n'aura tout au long de la campagne servi que de mot-valise : aucun développement sur son contenu ni sur sa portée ; aucun débat sur la répartition des responsabilités locales et les compétences respectives des collectivités territoriales.

Tout reste donc à faire, comme l'ont déjà compris ceux qui ont rejoint le collectif Fraternité. En tout état de cause, on y revient souvent, la Fraternité ne se décrète pas : elle se vit. Et cela grâce à l'impulsion de celles et de ceux qui savent allier créativité, pragmatisme et capacité de conviction.

Les prochaines « Journées citoyennes » de Berrwiller en sont le meilleur exemple. Désormais, ce sont onze communes et un quartier de la ville de Mulhouse qui emboîtent le pas des précurseurs. Onze communes où les habitants vont se retrouver entre eux pour gérer le bien commun et renouer avec des liens d'interdépendance que les modes de vie contemporain ont peu à peu distendus. Et cela grâce à des élus qui savent que la communauté de vie qui unit leurs concitoyens dépasse le discours, les normes ou les moyens financiers.

Pour atténuer les désordres de la crise, ils nous montrent que la mobilisation des énergies et l'éveil du sens naturel de l'entraide passent par la proximité. Ils nous confortent dans l'idée que c'est qu niveau local que l'on pourra replacer l'homme au cœur des politiques publiques, non plus seulement comme objet mais comme acteur. Ils nous donnent enfin une leçon d'humilité à l'heure ou le faste des réceptions officielles ne saurait masquer le cirant déficit d'imagination des dirigeants de la Nation.

Les Ateliers du Vivrensemble et de la Fraternité

Marseille Seule une action mobilisant citoyens, associations et acteurs privés autour des institutions publiques peut désormais apporter des réponses concrètes a la crise de civilisation que traverse notre modèle de société. C'est pourquoi le collectif Vivre-ensemble et Fraternité a pour but de participer à la promotion du lien social et à son émergence comme levier d'organisation des politiques publiques. Il doit donc enrichir son réseau par l'apport de nouvelles expériences, la valorisation de leur impact sur le terrain, et l'échange sur les différents types d'initiatives.

Parallèlement aux Ateliers qui s'annoncent par dizaines à travers la France, ce site internet , en accès libre, constitue un outil de communication privilégié. Dès maintenant, il vous propose de nombreuses fonctionnalités.
Tout d'abord, il reprend la présentation des grandes étapes qui ont mené de L'Appel à la Fraternité de 1999 aux évolutions qui ont profondément transformé l'approche du tissu social par de nombreuses collectivités.
Présentation du site Il présente aussi, à partir d'une Google Map, la carte de France des innovations et des événements marquants touchant au vive-ensemble. Une base de données d'article de presse ou d'extraits vidéos complète et illustre dès maintenant l'information sur les initiatives de terrain. Enfin, il s'enrichira dans les prochains mois d'une plate-forme d'échanges, véritable réseau social des acteurs de la Fraternité et du Vivre-ensemble, pour permettre à chacun de s'enrichir des expériences, des interrogations et des réussites des autres.

Cette initiative a besoin de vos contributions et de vos suggestions. Pour enrichir cet outil à la disposition de tous et de chacun, n'hésitez pas à nous contacter, chaque interpellation sera la bienvenue !

Le Vivre-ensemble : une réponse sociétale à la crise

Un français sur deux se sent aujourd'hui menacé par un risque d'exclusion.
Ce sentiment, réel ou non, reflète le désarroi de notre société, confrontée à une crise profonde, polymorphe (économique, sociale, écologique…) et qui se traduit non seulement par une plus grande précarité économique mais également relationnelle et identitaire.

• La précarité économique s'est étendue avec l'apparition d'un chômage structurel et la précarisation de l'emploi (temps partiels, contrats à durée déterminée…). En dix ans, les bénéficiaires des minimas sociaux ont doublé et les deux tiers des personnes sollicitant aujourd'hui les services sociaux des Conseils généraux ne sont pas des « habitués » de l'accompagnement social. Or le travail n'est pas seulement une source de revenu, il reste encore l'espace privilégié de construction de la sociabilité et de reconnaissance sociale, d'où l'apparition d'une crise de confiance, en particulier chez les classes moyennes.

• Des phénomènes d'isolement et de repli sur soi, nés de l'évolution individualiste et consumériste de notre société, viennent s'ajouter à la précarité économique, constituant une véritable précarité relationnelle. Cette précarité trouve également ses origines dans les transformations de la cellule familiale (rupture de couples, dispersion géographique…), ou dans la régression des solidarités de voisinage : ce n'est plus la proximité qui fait le lien mais l'origine, qu'elle soit sociale, ethnique ou générationnelle, avec les risques de communautarisme que cela engendre. Cette précarité relationnelle augmente le risque d'exclusion à tous les âges de la vie.
Cela concerne les plus jeunes, avec une progression du nombre d'enfants en danger qui résulte principalement de l'isolement social des familles, mais aussi les aînés qui désespèrent de ne plus avoir de reconaissance sociale, alors que dans une société soucieuse de dynamiser la vie relationnelle, leur expérience et leur disponibilité pourraient constituer des atouts considérables.

• Enfin, la précarité des liens, s'ajoutant à celle des emplois, favorise le développement d'une crise identitaire qui constitue une menace grave pour la cohésion nationale, crise largement induite par l'affaiblissement de tous les repères et le rejet de la diversité.

C'est pourquoi, en particulier dans un contexte institutionnel et financier difficile, la lutte contre l'exclusion sociale ne peut plus se limiter à la seule assistance de publics spécifiques, ni même à l'extension des droits sociaux. C'est l'ensemble des acteurs locaux et des politiques de proximité qu'il faut mobiliser autour de l'objectif de renforcement du lien social.

Partant de ces constats, et de la conviction que les Maires sont un des acteurs les plus pertinents pour encourager et développer le lien social sur le territoire, l'ODAS, en collaboration avec l'AMF, a souhaité initier un vaste mouvement afin de les encourager à promouvoir une citoyenneté et une solidarité plus active au sein de l'ensemble de leurs politiques municipales.

Les Ateliers nationaux du Vivre-Ensemble sont donc la concrétisation de cette volonté d'impulser une dynamique nouvelle en créant une démarche de réflexion et d'expérimentation autour de la notion de Vivre-Ensemble, en fédérant davantage les acteurs locaux et en favorisant l'engagement citoyen.