Des Ateliers, pour quoi faire ?
Là où l’action sociale traditionnelle montre ses limites, la prise en compte du Vivre-ensemble comme élément central des politiques publiques est non seulement un facteur de prévention face aux risques sociaux mais également l’un des rares remparts pour endiguer les conséquences de la crise [voir ci-dessous].
Les Ateliers, le concept…
Le concept des Ateliers du Vivre-Ensemble et de la Fraternité s’adresse aux Villes, à leurs élus et aux cadres municipaux, aux associations et aux institutions intervenant dans la sphère sociale, aux généralistes comme aux spécialistes.
Par leur proximité avec les citoyens, et par les leviers d’action dont ils disposent, les maires sont en effet les plus aptes à mettre en œuvre des politiques de prévenance, en amont des dispositifs légaux, en privilégiant le développement du lien social et du vivre-ensemble par un décloisonnement des politiques.
Les Ateliers, la démarche
Les Ateliers du Vivre-Ensemble et de la Fraternité ont pour rôle de rendre concrète cette évolution. Il s’agit d’une phase de réflexion et de mobilisation autour de la notion de vivre-ensemble, fédérant davantage les acteurs locaux et favorisant l’engagement citoyen.
Une journée de travail – les « Ateliers » proprement dits - constituent un temps fort lors d’une journée d’échange et de réflexion. Pour l’heure, sept ateliers ont été organisés [voir menu ci-dessus]. Organisée par une collectivité en association avec ses partenaires institutionnels, cette journée se conclut par des engagements sur les principales mesures à mettre en œuvre sur le territoire concerné.
La Fraternité, une démarche de civilisation
Il y a quelques années, Edgar Morin et Sami Naïr lançaient un défi, celui de définir une nouvelle civilité dans un monde de plus en plus complexe et agressif.
Longtemps oubliée, l’idée d’une politique de civilisation trouve aujourd’hui une nouvelle résonance, avec la perception généralisée d’une crise économique et écologique aux effets dévastateurs. Face à l’omniprésence du système concurrentiel et aux excès de l’individualisme et du consumérisme, la nécessité de donner un contenu positif à l’interdépendance des peuples et des individus s’accroît.
Et lorsque c’est ce choix qui prévaut, il s’exprime de plus en plus à travers une ambition : parfaire le sens du modèle républicain en donnant toute sa résonance à la devise républicaine dans ses trois dimensions. Après que le XIXème siècle ait promu la Liberté et le XXème l’Egalité, le XXIème siècle pourrait se donner la responsabilité de construire une société plus fraternelle.
Car la Fraternité peut être bien autre chose qu’une démarche individuelle ou une dynamique de clan ou de communauté. Elle peut être l’épine dorsale d’un véritable projet de société. A condition bien sûr de bien s’entendre sur la notion de Fraternité, en particulier au regard d’un concept voisin mieux ancré dans la culture française : celui de Solidarité.
La fraternité : une solidarité décuplée
Les deux concepts de Fraternité et de Solidarité ont entretenu au fil des siècles une forme de concurrence. Si la Fraternité l’a emporté dans la symbolique républicaine, c’est la Solidarité qui s’est jusqu’à présent imposée dans le discours politique et l’imaginaire collectif. Pourtant, il faut l’affirmer avec force : loin de s’opposer à la Solidarité, la Fraternité l’englobe et l’enrichit.
Le Vivre-ensemble : une réponse sociétale à la crise
Un français sur deux se sent aujourd'hui menacé par un risque d'exclusion. Ce sentiment, réel ou non, reflète le désarroi de notre société, confrontée à une crise profonde, polymorphe (économique, sociale, écologique…) et qui se traduit non seulement par une plus grande précarité économique mais également relationnelle et identitaire.
• La précarité économique s'est étendue avec l'apparition d'un chômage structurel et la précarisation de l'emploi (temps partiels, contrats à durée déterminée…). En dix ans, les bénéficiaires des minimas sociaux ont doublé et les deux tiers des personnes sollicitant aujourd'hui les services sociaux des Conseils généraux ne sont pas des « habitués » de l'accompagnement social. Or le travail n'est pas seulement une source de revenu, il reste encore l'espace privilégié de construction de la sociabilité et de reconnaissance sociale, d'où l'apparition d'une crise de confiance, en particulier chez les classes moyennes.
• Des phénomènes d'isolement et de repli sur soi, nés de l'évolution individualiste et consumériste de notre société, viennent s'ajouter à la précarité économique, constituant une véritable précarité relationnelle. Cette précarité trouve également ses origines dans les transformations de la cellule familiale (rupture de couples, dispersion géographique…), ou dans la régression des solidarités de voisinage : ce n'est plus la proximité qui fait le lien mais l'origine, qu'elle soit sociale, ethnique ou générationnelle, avec les risques de communautarisme que cela engendre. Cette précarité relationnelle augmente le risque d'exclusion à tous les âges de la vie.
Cela concerne les plus jeunes, avec une progression du nombre d'enfants en danger qui résulte principalement de l'isolement social des familles, mais aussi les aînés qui désespèrent de ne plus avoir de reconaissance sociale, alors que dans une société soucieuse de dynamiser la vie relationnelle, leur expérience et leur disponibilité pourraient constituer des atouts considérables.


Le vivre-ensemble en Allier. Le Journal de l'Action sociale a publié, avec son numéro de l'été 2012, un supplément de seize pages consacré au Vivre-ensemble dans l'Allier. Réalisé à partir du compte-rendu des Ateliers qui se sont déroulés début 2011, ce document est en libre accès sur le site du conseil général de l'Allier et 